Le Cloud français : l’avantage du village gaulois

8 Juillet 2016

3 min de lecture

Un des freins majeurs à l’adoption d’outils collaboratifs, et donc au stockage des données dans le Cloud, réside dans l’opacité des règles de confidentialité et dans la difficulté à garantir la pérennité avec des éditeurs mondialisés. En France, nous ne faisons rien comme tout le monde et dans ce cas particulier, c’est un réel atout !

Le Cloud français : l’avantage du village gaulois (Desktop)

L’avenir de l’informatique au travail est tout tracé et assez idyllique dans son concept. Grâce à des ordinateurs portables fins et légers qui s’utilisent aussi bien comme une tablette ou un notebook (HP Elite x2), voire des smartphones trois-en-un qui se muent en ordinateur ultra-mobile ou résidentiel au besoin (HP Elite x3), il n’y a plus aucune raison de lier l’usage à un endroit.

Télétravail, bureau partagé et mobilité sont les maîtres mots qui vont définir un employé heureux et productif. Reste que pour en faire une réalité, les outils logiciels doivent être tout aussi mobiles et versatiles ce qui implique forcément le stockage collaboratif dans le Cloud. C’est en général arrivé à ce point que l’entreprise devient réticente, en raison principalement d’une globalisation des données qui ne garantit pas leur inviolabilité, ni même leur pérennité puisque l’hébergeur privé n’est soumis à aucune obligation de résultat. Si ce n’est qu’un petit village résiste par un cadre légal et des pratiques bien particulières.

Lois et mentalités

Edouard-de-RemurÉdouard de Rémur
cofondateur d’Oodrive

Il existe un Cloud français et il se porte même très bien ! Il s’agit d’éditeurs actifs sur le territoire national, «c’est-à-dire avec des données hébergées en France par un hébergeur français», résume Édouard de Rémur, cofondateur d’Oodrive, éditeur de logiciels en mode SaaS. «La nationalité de l’hébergeur et l’endroit où sont stockées les données ont leur importance, puisqu’en cas de litige on saisira le tribunal du pays compétent, notamment. Il y a une vraie différence entre la France, et plus largement l’Europe, d’une part, et les États-Unis d’autre part.

Lorsque l’on parle de sécurité et de confidentialité dans le Cloud, si la très grande majorité des scandales viennent des États-Unis, c’est à la fois à cause des textes et des mentalités. Le gouvernement y est beaucoup plus intrusif, il n’hésite pas à demander à des hébergeurs d’accéder aux données de leurs clients, sans que cela n’indigne personne.

En France, il y aurait aussitôt une levée de bouclier, ce qui rend le gouvernement prudent. De plus, les textes de loi garantissent la confidentialité. En 15 ans, chez Oodrive, nous n’avons eu aucune demande de ce type, à laquelle de toute façon nous n’aurions pas donné suite», souligne Édouard de Rémur.

Pensé pour les Pros

Autre raison d’une plus grande vulnérabilité en dehors de nos frontières, toujours selon le cofondateur de Oodrive : «la plupart des éditeurs Cloud à succès ont été pensés au départ pour des TPE et surtout des particuliers. Leur utilisation massive par de grandes entreprises entraine des problématiques sécuritaires qu’elles n’avaient pas anticipées, là où en Europe la plupart des éditeurs se sont d’abord intéressés aux professionnels.» Sur notre continent, les acteurs majeurs du Cloud se sont même associés pour créer un label contraignant et sûr : Cloud confidence. Une entreprise ayant ce label est digne de confiance et garantie par ses pairs.

Garantie dans le temps

Autre crainte régulièrement avancée au sujet du Cloud, celle de la pérennité des données, notamment si une société décide d’arrêter son service ou de modifier sa politique de conservation unilatéralement. En France, obligation est faîte de fixer les engagements contractuellement et là encore en cas de litige, le recours est possible devant une juridiction définie. Au final, les données sont bien plus sûres dans le Cloud que dans l’entreprise. «Dès lors que des données nous sont confiées par un client, elles sont stockées en double sur des disques dont la durée de vie est de 10 ans», détaille Édouard de Rémur. «Par sécurité, nous renouvelons ces disques tous les trois ans, ce qui serait évidemment trop contraignant et coûteux pour une entreprise, si elle choisissait de le faire en interne. Nous pouvons aussi archiver des données, c’est-à-dire les stocker et garantir au client qu’il pourra les récupérer dans 20 ans sans qu’elles aient été en rien altérées.»

Tout dépend en fait des besoins, avec certaines entreprises particulièrement sensibles au sujet de la sécurité des données. Elles se concentrent autour des domaines «de la banque, de l’assurance, des ministères, de la Défense, etc.», énumère Édouard de Rémur. «Pour la conservation, ce sont plutôt des métiers ou des départements qui vont regarder de près. Les responsables financiers et les RH vont avoir besoin de conserver certaines données de longues années, des bulletins de salaire par exemple». Or les grandes entreprises qui ont ces besoins sont pour la plupart déjà clients du Cloud français ! Reste aussi que l’entreprise ne doit pas céder à une certaine paranoïa. En dehors de données particulièrement sensibles, quel que soit l’éditeur Cloud choisi, les données y seront plus sûres que dans l’entreprise dans tous les cas.

Auteur : Amélie Barre

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