La réalité virtuelle change la donne

3 Février 2017

7 min de lecture

« La réalité virtuelle est un accélérateur de business », c’est en ces termes qu’a débuté le 26 janvier à Paris une conférence portant sur les nouveaux enjeux qu’offrent la réalité virtuelle et la réalité augmentée pour un usage professionnel dans les différents secteurs d’activité. HP a organisé cet évènement avec la société Immersion, spécialiste des solutions immersives pour un usage professionnel. Au programme, la présentation de cas d’usage, des solutions et du matériel, ainsi que trois exemples concrets dans des entreprises de tailles et d’horizons très variés. Quel que soit leur secteur d’activité, toutes s’accordent à dire que cette technologie permet un gain de productivité notable mais aussi et surtout une approche innovante.

La réalité virtuelle change la donne (Desktop)

La réalité virtuelle, c’est aujourd’hui

La conférence s’est ouverte avec l’intervention de Christophe Imboden directeur des ventes Workstation et Immersive Computing chez HP France. « La réalité virtuelle et augmentée est un marché déjà mûr et doté d’un immense potentiel », souligne d’entrée de jeu Christophe Imboden. En effet, selon une étude publiée par Goldman Sachs Research «Virtual & Augmented reality, the next big computing platform» en février 2016, la réalité virtuelle et la réalité augmentée représenteront un marché de 80 milliards de dollars d’ici 2025. Ces chiffres se répartissent à 45 milliards de dollars pour le hardware et 35 milliards de dollars pour le software. « Facebook a racheté la société Oculus pour 2 milliards de dollars en 2014 et prévoit un développement massif de jeux en réalité virtuelle » précise Christophe. Si le secteur du jeu a été précurseur sur le marché grand public, d’autres secteurs, comme le transport, se servent depuis plusieurs années de ces technologies, notamment pour modéliser avant de construire. L’étude prévoit que l’immobilier, le retail et la santé seront les prochains secteurs concernés, estimant qu’ils généreront 9,3 milliards de revenus cumulés d’ici à 2025.

homme casque réalité virtuelle

Mais quelles sont les différentes applications proposées par ces nouvelles technologies dans le domaine professionnel ? L’idée générale est d’expérimenter le plus tôt possible un projet, qu’il s’agisse d’un appareil ou d’un service, évitant ainsi de développer en physique tant que l’usage n’a pas été validé. Cette approche s’étend ensuite à la production et aux services qui s’y attachent. Pour ce faire, il faut modéliser en 3D, puis représenter le modèle de manière immersive à l’utilisateur. Ainsi, il est possible d’explorer un environnement en réalité augmentée, implémentant des objets non-existants en développement dans un univers connu, par exemple l’implantation d‘une éolienne dans un paysage. La restitution en relief ajoute à l’immersion et au réalisme. Le passage à la réalité virtuelle permet de s’immerger encore davantage puisque l’on intègre le projet 3D dans lequel on peut se déplacer et avec lequel on peut interagir. Si ces techniques existent depuis plusieurs années, les progrès récents ont permis de développer des solutions bien plus performantes, nettement moins onéreuses et surtout transportables. Ainsi la visualisation en relief peut se faire avec une station de travail HP et un moniteur spécifique. En réalité virtuelle, là où il fallait équiper une salle dédiée, un kit mobile composé d’une station de travail HP et d‘un casque de type HTC Vive offre une immersion similaire pour une fraction du prix et de meilleures performances.

HP, pionnier de la réalité virtuelle

Z2 mini Z820 ZBook

HP fait figure de pionnier dans le domaine car dès 1995 la société présentait son savoir-faire en matière de réalité virtuelle. Aujourd’hui, HP dispose d’un site dédié situé dans le Colorado et travaille au développement de solutions toujours plus performantes, à base de stations de travail fixes et même mobiles sous forme de notebooks ultra-performants, à l’image des ZBook Studio de nouvelle génération à sortir en 2017. Un label a d’ailleurs été créé en collaboration avec d’autres acteurs de l’IT pour permettre de reconnaitre facilement un produit adapté à la réalité virtuelle : le VR Ready. Pour Jean Maurice Conan, consultant avant vente chez HP « Toutes nos machines sont pensées autour de l’interaction homme-machine ». Les stations de travail HP labellisées VR Ready proposent une expérience immersive de qualité. Performantes, innovantes et fiables, elles s’appliquent à tous les secteurs et sont utilisées dans l’industrie de la santé ou pour des projets d’ingénierie notamment, comme le HP Z840 ou le HP Z640. Pour la modélisation 3D, HP propose désormais une station de travail Z2 Mini qui combine compacité, élégance et performance ce qui va permettre d’équiper les bureaux d’études qui se contentaient jusqu’alors d’ordinateurs standards.

conférence Immersion HP animateur

La réalité virtuelle sera partout

« Ces technologies immersives sont en train de révolutionner l’entreprise, tant pour le développement, la production que pour la fiabilité des process, » ajoute Christophe Imboden. C’est ce que vient entériner Matthieu Lépine, directeur marketing d’Immersion, leader européen des technologies 3D immersives et collaboratives. Immersion, forte de 22 années d’expérience en matière de technologies 3D, a pour objectif d’étendre l’utilisation de la réalité virtuelle à l’ensemble de l’industrie car tous les secteurs peuvent en profiter pour devenir plus compétitifs. « Nous facilitons, accélérons et fiabilisons la prise de décision en milieu industriel » précise Matthieu Lépine. Nous cherchons constamment à faire en sorte que tous les acteurs d’un projet se comprennent grâce à la 3D, car c’est un langage commun ». Les créateurs du premier espace immersif entier, CAVE (Cave Automatic Virtual Environment), et des premiers casques virtuels sont intimement convaincus que la réalité virtuelle est synonyme de ROI car elle permet d’explorer à moindre coût cinq fois plus d’hypothèses et de produire quatre fois moins de prototypes physiques, tout en permettant la réduction par trois du temps d’un cycle de conception.

wagon Alstom

Alstom ou le chemin de fer virtuel

Le leader mondial de l’industrie ferroviaire, Alstom, présentait ses solutions de pointes pour le développement du matériel roulant, des infrastructures, de la signalisation et des services ferroviaires. Étant soumis à un niveau élevé de flexibilité, la société a développé des outils de réalité virtuelle pour répondre aux exigences de leurs clients et aux différents besoins de localisation. Concevoir les trains ou tramways et l’infrastructure nécessaire en modélisant en 3D pour pouvoir l’expérimenter en réalité virtuelle est un gage de sécurité pour que le premier prototype soit aussi le premier train roulant. « Convaincre les clients habitués à des prototypes physiques n’a pas été une mince affaire » précise Carles Coca-Mascorda, Digital Collaborative Innovation Manager chez Alstom. En réalité virtuelle, le client peut visiter le train et s’assurer que chaque détail concorde avec ses attentes, car tout est visible, tout est testable. Pour ne citer qu’un exemple, il est possible de s’assurer que l’espace entre le siège et la fenêtre est suffisamment grand pour que le nettoyage se fasse aisément. Pour le développement, la réalité virtuelle change tout aussi, notamment parce qu’Alstom dispose de sites de production dans de nombreux pays. Ainsi, les équipes peuvent expérimenter simultanément même s’ils sont distants de milliers de kilomètres. Afin d’être encore plus réactif, Alstom a mis en place des salles d’immersion collaborative sur tous ses sites.

Sunna design

Développement durable en réalité virtuelle aussi

Dans un tout autre registre, la société Sunna Design est une start-up française, leader de l’éclairage public solaire pour les pays en voie de développement. Le lampadaire solaire, qui se charge le jour pour éclairer la nuit, est une solution économique pour pallier l’absence d’électricité qui concerne encore une grande partie de la population mondiale. Sunna Design a même fait évoluer le concept pour doter les maisons d’un village d’un éclairage individuel et d’une solution de recharge pour les mobiles. Pour pouvoir fabriquer en France à un coût raisonnable, Sunna Design s’est servi de la 3D, de la réalité augmentée et virtuelle pour créer une unité de production très novatrice. Ainsi, les lignes de production sont simulées en amont et les employés se forment eux même en réalité augmentée pour une usine qui peut se créer, s’adapter et évoluer très rapidement. L’efficacité est maximale, l’impact écologique minimal et les employés sont parties prenantes de la conception.

« Nous sommes en train de créer de la technologie avec pour ambition de la transférer » explique Thomas Samuel, fondateur de l’entreprise. Le concept d’usine agile peut s’exporter facilement dans le monde car tout est transportable. L’installation et la formation des ouvriers se fait en une semaine sur place car ils sont formés grâce à un système de réalité augmentée qui réduit considérablement le temps d’apprentissage. Un simulateur numérique connecté aux données de l’usine en temps réel permet d’exploiter et de diagnostiquer l’usine à distance. Sunna Design utilise également la réalité augmentée au niveau commercial et marketing (simulation d’implantation d’usine) mais aussi pédagogique (transfert et partage de connaissance).

Dassault systèmes

Le magasin virtuel

Kalista, la dernière société intervenant à la conférence, présentait ses solutions merchandising innovantes pour la grande distribution. « Le retail passe en ce moment de la 2D à la 3D, c’est à peu près la même mutation que celle qu’a vécue l’industrie automobile il y a quelques années » explique Erwan Krotoff, responsable commercial de Kalista. De fait, la 3D et la réalité virtuelle font parties intégrantes de leur offre client. C’est Perfect Shelf, une solution logicielle de merchandising 3D, créée par Dassault Systèmes et commercialisée par Kalista, qui permet aux enseignes et aux fabricants de produits de grandes consommation de lancer de nouveaux projets de merchandising et de redéfinir l’expérience d’achat. Aujourd’hui les enjeux sont tels qu’un packaging inefficace, un rayon non-optimisé et une expérience consommateur décevante peuvent compromettre le succès d’un nouveau produit. Or une fois implanté dans le magasin, il est trop tard. Avec la modélisation 3D et maintenant la réalité virtuelle, il est possible d’expérimenter en amont, et même avec des consommateurs réels. Ainsi, par exemple, pour tester un packaging, on peut l’inclure dans un rayon et placer le consommateur test devant en réalité virtuelle. Il en va de même pour les nouveaux concepts d’expérience en magasin. Il est possible d’interagir avec son environnement, de saisir les produits, de les regarder. Ainsi des enseignes de la grande distribution, mais aussi des marques phares de l’alimentation, se sont déjà dotées de salles de réalité virtuelle. La possibilité de kits mobiles avec des stations de travail HP va permettre d’étendre ces solutions de merchandising virtuel à l’ensemble des intervenants du secteur : marque, agence, enseigne…

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