L'essor du travail flexible et du freelance : comment recruter les nouveaux talents ?

29 Mars 2017

5 min de lecture

Entretien avec Russ Shaw, créateur de Tech London Advocates, sur l'essor du travail flexible et du freelance, et ce que doit faire toute entreprise pour attirer les meilleurs talents.

Russ Shaw avec PC HP

D'après vous, quelles sont les plus grandes tendances de l'évolution du travail ces dernières années ?

Il est devenu beaucoup plus flexible. Non seulement dans la manière dont on gère sa journée, mais en termes de carrière et de passage d'une société à l'autre. L'époque où l'on travaillait 5 à 10 ans pour la même société est révolue. C'est ce que je constate en particulier chez la jeune génération, surtout dans le secteur technologique. Ce qui compte maintenant, c'est d'avoir un large éventail de compétences et d'expériences.

On devient ainsi beaucoup plus accompli et paré pour le monde du travail actuel qui évolue rapidement. Cela peut même aider à franchir le cap et créer sa propre entreprise.

De plus en plus de personnes travaillent en freelance, soit sous contrat, soit dans le cadre du travail à distance. Le travail en freelance est-il perçu favorablement ?

Oui, absolument. Le défi consiste à persuader les indépendants de travailler à plein temps. De plus en plus de personnes attachent de l'importance à la liberté et à la flexibilité. Un emploi à long terme ne les intéresse pas forcément. Ce sera l'un des défis auxquels les entreprises seront confrontées dans les années à venir. De toute évidence, certains préfèrent le confort et les avantages qui vont avec, que ce soit l'assurance retraite ou maladie, mais je pense que de plus en plus de personnes préfèreront s'en occuper elles-mêmes et avoir plus de souplesse sur le long terme.

Quel contrat en or les entreprises devront-elles leur proposer pour les attirer à travailler sur place ?

Je pense qu'elles devront offrir de meilleurs salaires. C'est l'un des principaux arguments pour attirer les personnes et les retenir.

Cela signifie-t-il que les PME seraient désavantagées par rapport aux grandes entreprises, car elles ne peuvent pas offrir les mêmes avantages aux travailleurs indépendants ?

Oui, c'est le risque. Mais le contre-argument est que l'on peut aussi consentir à faire des sacrifices car on aime son travail, en particulier dans le cadre d'une start-up ou d'une entreprise en nom propre. On entendra par exemple : « Je ne vous facturerai pas au tarif normal, car c'est une expérience qui me plaît. » En compensation, ces personnes pourront être intéressées par des options de participation au bénéfice. Même dans le secteur technologique, je vois effectivement des grandes entreprises se subdiviser en plus petites unités et tenter d'attirer des ingénieurs et développeurs par des avantages et un salaire plus intéressants.

Au fil de nos discussions, nous nous sommes rendus compte que les plus jeunes sont plutôt motivés par la flexibilité et les dernières technologies, mais est-ce propre à la génération Y ? Quelle est la différence entre les générations ?

Je pense que les personnes de tous âges s'adaptent à cette évolution. Les plus jeunes grandissent avec, mais les plus âgés, même ceux de soixante ans et plus qui se disent « J'ai encore dix ans à travailler » recherchent des manières différentes de travailler. Quitte à devoir travailler plus longtemps, ils veulent que ce soit selon leurs propres conditions.

Il y aura toujours une minorité qui voudra travailler pour une grande entreprise, faire des heures supplémentaires et progresser dans la société selon le modèle traditionnel. Dans le secteur tertiaire, les cabinets juridiques par exemple, qui ont la réputation de faire travailler dur leur personnel, se mettent au goût du jour et recrutent activement des personnes en travail partagé, avec des horaires flexibles, donc cela devient de plus en plus fréquent.

Si cela se répand dans tous les secteurs, quel est l'obstacle potentiel qui pourrait empêcher cette tendance de se généraliser : les réticences viennent-elles des employés ou des employeurs ?

Je pense que c'est un peu des deux. Les employés qui voudraient que cela se généralise soulèveront la question. Et si leurs employeurs ne bougent pas, ils iront tout simplement voir ceux qui leur proposeront cette option. Je pense que les sociétés qui proposent cette option auront l'avantage sur celles qui ne la proposent pas.

Pensez-vous que, dans un avenir proche, les entreprises qui n'offrent pas ce mode de travail commenceront à péricliter ?

Nous en sommes encore loin – du moins pas dans les 3 à 5 années à venir, mais est-ce que nous allons dans cette direction-là ? Oui. Je pense effectivement qu'un grand nombre de ces entreprises vont souffrir. Dans le secteur des technologies, le problème n° 1 est que les sociétés peinent à recruter des employés qualifiés et d'un excellent niveau. C'est pourquoi elles doivent proposer aux candidats des offres toujours plus alléchantes. Si vous offrez un lieu de travail et un équilibre vie professionnelle/vie privée attrayants, les gens diront « Oui, ça m'intéresse ! ». Alors que les sociétés qui ne proposent pas cela auront une main-d'œuvre très limitée en termes d'idées, de pensée créative et d'innovation. Les PDG et responsables RH doivent penser à leur avantage concurrentiel. S'ils n'offrent pas des conditions de travail idéales, ils souffriront à long terme.

À propos de lieux de travail intéressants, quelles sont les tendances actuelles et comment évolueront-elles dans l'avenir ?

Je pense que nous allons voir de plus en plus d'espaces de travail collaboratifs, de bureaux dans des espaces ouverts, de personnes qui peuvent aller et venir selon leurs besoins.

Les grandes entreprises n'augmentent pas forcément leurs effectifs. En France, plus des deux tiers (69 %) des Petites et moyennes entreprises ont recruté au moins une personne dans les six derniers mois.

C'est la prochaine vague, après celle des start-up. Ce sont les petites entreprises qui se développent d'environ 20 %. Ce ne sont pas les grandes sociétés car elles ont des plafonds de recrutement. Ce sont les petites entreprises qui se développent et croissent le plus rapidement, et au lieu d'agrandir leurs locaux, elles ont tout simplement recours aux espaces collaboratifs comme We Work pour leurs nouvelles recrues.

La taille des sociétés augmente ou diminue constamment et avoir cette flexibilité est très contraignant. C'est pourquoi ces espaces de travail représentent une solution flexible que de nombreuses sociétés adoptent.

Que diriez-vous à ceux qui hésitent encore, pour les convaincre que le travail collaboratif et la flexibilité sont plus intéressants pour eux ?

Je suis un nomade : je me déplace d'un endroit à l'autre chaque jour. Je ne rencontre jamais les mêmes personnes. Au lieu de voir toujours les mêmes 20 ou 30 personnes, je croise chaque jour de nouvelles têtes et je découvre de nouvelles idées et de nouvelles façons de travailler. Et ça, c'est vraiment appréciable. Si je fais partie d'une équipe soudée, cela peut être un bon compromis. En groupe, on travaille bien, mais l'espace de travail peut varier d'une semaine ou d'un mois à l'autre. Certes, je pourrais travailler dans le même bureau chaque jour pendant les trois années qui viennent, mais changer un peu d'espace pour voir comment les autres travaillent est comme une bouffée d'oxygène. C'est comme cela que naissent les nouvelles idées et que l'on garde une longueur d'avance.

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